La Princesse Marguerite et le Prince Coquelicot

Stéphanie Lockroy : notice biographique

Antoinette-Stéphanie Jullien est la fille de Marc-Antoine Jullien fils, écrivain engagé d’abord dans la Révolution française puis dans le régime napoléonien et correspondant du pédagogue suisse Pestalozzi. Elle a épousé l’acteur et dramaturge Joseph-Philippe Simon (1803-1891), comédien et auteur dramatique qui avait pris le pseudonyme de Lockroy, car son père, général d’Empire, a refusé qu’il utilise le sien. Elle devient ainsi Madame Stéphanie Lockroy. Elle est la mère du journaliste et homme politique Édouard Lockroy (1840-1913), qui a également travaillé comme dessinateur en Syrie pour le savant Ernest Renan. Stéphanie Lockroy a publié elle-même deux ouvrages :Contes à mes nièces en 1868 et Les Fées de la famille en 1886.

D’après Wikipédia et Édouard Lockroy, Au hasard de la vie : notes et souvenirs, Grasset, Paris, 1913

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LA PRINCESSE MARGUERITE ET LE PRINCE COQUELICOT

Le jeune roi des Blés avait perdu son père et sa mère il y avait peu de temps. Il souffrait de l’isolement dans lequel l’avaient plongé ces deux pertes successives, et désireux de se créer de nouvelles affections, qui pussent remplacer celles qui venaient d’être si cruellement brisées, il songea à se marier.

Il alla trouver une fée nommée Caille, qui avait été la meilleure amie de sa mère, et pour laquelle il professait un grand respect.

« Bonne Caille, lui dit-il en entrant chez elle, je voudrais vous consulter. Je désire m’établir, et n’ayant plus les conseils de ma bonne mère, je viens recourir à ceux que vous voudrez bien me donner, vous qui la remplacez pour moi.

« On me propose pour épouse la fée Courtillière[1], qui est restée veuve, toute jeune encore, avec un fils unique, le prince Grillon. Elle est riche et puissante, et pourtant je ne puis me résoudre à demander sa main.

« Ce n’est pas, croyez-le bien, ma digne amie, sa repoussante laideur qui m’effraie. Je ne cherche pas la beauté dans la femme que je prendrai ; il faut avant tout pour moi qu’elle ait un cœur aimant pour répondre à la tendresse que je veux lui vouer, et pour être plus tard une mère dévouée pour les enfants que nous aurons, si Dieu veut bien nous en accorder. Mais Courtillière est, je crois, fausse et perfide, et j’ai entendu raconter qu’elle n’avait pas su faire le bonheur du premier mari qu’elle a perdu. Vous, qui la connaissez, dites-moi comment je dois agir et si je ferai bien de surmonter la répugnance que j’éprouve pour elle, répugnance peut-être injuste et mal fondée.

– Croyez-en là-dessus vos pressentiments, répondit Caille en hochant la tête, vous êtes bienfaisant et généreux, et Courtillière est avare et méchante; vous ne voulez que le bien, elle ne cherche que le mal ; vos caractères ne sauraient s’accorder : laissez là cette mauvaise femme, avec ses richesses mal acquises, mais si vous êtes décidé à vous marier, je saurai bien vous trouver un parti plus convenable.

« La jeune princesse des Seigles vient, comme vous, de perdre ses parents; elle est blonde et fraîche, mais sa beauté est son moindre mérite ; elle est bonne, confiante et sans détours, elle est charitable et douce, et je me tiens pour assurée que son cœur saura répondre au vôtre.

« Venez bientôt me revoir, et j’irai vous présenter à cette charmante personne, qui, elle aussi, fait cas de mes conseils ; je crois qu’amené par moi, vous serez le bienvenu chez elle. »

Le roi des Blés n’eut garde d’oublier le rendez-vous de sa vieille amie, et celle-ci le conduisit à la princesse des Seigles, qu’il trouva encore plus aimable qu’on ne le lui avait dit ; mais quand il lui adressa sa demande, la jeune fille rougit et parut embarrassée. Enfin, surmontant sa timidité, elle dit à son prétendant :

«Je crois que je ne puis me marier, car quoique je sorte à peine de l’enfance, je suis déjà presque mère de famille. J’avais une sœur aînée, qui en mourant m’a confié son fils, mon neveu le petit prince Coquelicot : j’ai promis de veiller sur lui et de ne pas le quitter jusqu’à sa majorité ; j’ai donc de sérieux devoirs à accomplir, et je ne sais s’ils pourraient s’accorder avec ceux que m’imposerait un changement d’état.

– Ne craignez rien, aimable princesse, repartit le roi des Blés, votre amour pour votre neveu, et votre fidélité aux promesses que vous avez faites à votre sœur mourante vous rendent encore plus intéressante à mes yeux ; loin de vous détourner d’obligations aussi sacrées, je vous aiderai à les remplir, et je serai un père pour le prince Coquelicot. Ne pourrais- je, en attendant, faire sa connaissance ? »

La princesse appela sa suivante Niella, et la chargea d’aller chercher son neveu. Le petit prince arriva, flatté d’exciter la curiosité du grand roi des Blés et lui-même empressé de le voir. Il avait quelque propension au péché de colère et était un peu vantard et fanfaron, au demeurant le meilleur garçon du monde.

« Voulez-vous me donner votre amitié ? lui demanda le roi en lui tendant la main.

– Si vous savez la mériter, répondit l’enfant.

– Seriez-vous bien aise d’avoir mon appui et ma protection ?

– Je ne demande l’appui de personne ; d’ailleurs, j’ai ma tante, et peut-être même pourrais-je mieux la soutenir qu’elle ne se soutiendrait elle-même ; je suis un homme, et si jeune que je vous paraisse, je saurais au besoin être son défenseur et la protéger contre tous. »

Et le petit mutin embrassait en parlant les blonds cheveux de sa jeune tante.

Le roi riait de ces folies et considérait avec un intérêt croissant la figure animée de Coquelicot. Il promit de l’adopter et de l’aimer comme son propre fils. La princesse n’avait plus aucune objection à faire ; elle accepta donc les offres du roi et quelques semaines après elle était la reine des Blés.

Elle fit son possible pour se mettre au courant des travaux que nécessitait l’administration de ses nouveaux États, et pour seconder son mari dans les soins qu’il leur donnait. Elle n’eut pas de peine à réussir et à s’entendre avec celui-ci ; son cœur la portait à la même générosité que lui, et tous deux se faisaient bénir à l’envi l’un de l’autre par leurs nombreux sujets.

Au bout d’un an, la reine mit au monde une fille qu’elle appela Marguerite. Le roi courut chercher Caille pour être la marraine de la nouvelle-née : la bonne fée donna à sa filleule une jolie petite couronne d’or pour mettre sur sa tête et la para ensuite d’une collerette blanche comme la neige et lisérée d’argent. Elle prit après cela le roi à part et lui recommanda de veiller avec soin sur sa fille.

« Vous ne savez pas, lui dit-elle, à quel point la fée Courtillière est furieuse de ce que vous l’avez dédaignée et de ce que vous lui avez préféré la princesse des Seigles. Elle a juré de se venger, et je tremble que sa vengeance ne tombe sur l’innocente enfant que je tenais tout à l’heure dans mes bras. Ne la quittez pas d’une minute, car Courtillière est désormais votre ennemie acharnée, et si elle pouvait s’emparer de votre enfant elle ferait son malheur pour assurer le vôtre. Vous êtes prévenu ; c’est à vous de prendre vos précautions en conséquence. »

Le roi la remercia de ses bons avis, qu’il s’empressa de communiquer à la reine, et tous deux disputèrent d’attention et de surveillance pour leur chère petite Marguerite.

« Ne craignez rien, leur disait pourtant Coquelicot en se rengorgeant ; je suis là, et ma cousine n’a rien à redouter auprès de moi. Vienne Courtillière et vienne Grillon, ils trouveront à qui parler »

Le roi et la reine riaient et avaient pourtant confiance dans la raison prématurée et dans le courage du jeune prince.

Cependant Marguerite grandissait, et nul danger ne semblait la menacer. Elle avait les cheveux blonds de sa mère et le bienveillant sourire de son père ; sa peau satinée était plus blanche que du lait nouvellement tiré, et sa taille fine luttait de grâce et de souplesse avec celle des épis qui l’entouraient. Ses parents l’adoraient et n’épargnaient rien pour son éducation ; elle avait tous les talents indispensables à une princesse si distinguée, et quand sa douce voix s’élevait dans les blés pour chanter, tandis qu’elle s’accompagnait de sa guitare, elle attirait tous les bergers d’alentour. Nul malheureux ne l’implorait en vain, et elle allait souvent puiser dans les coffres si bien fournis de ses parents. Deux légers défauts pourtant ternissaient quelque peu tant de brillantes qualités : Marguerite était d’une curiosité sans pareille, qu’elle ne pouvait maîtriser, et faut-il le dire? avec cela, Marguerite était bavarde, elle ne savait garder aucun secret et se trouvait toujours au courant de tous les caquets des environs : aussi les bergères venaient-elles la consulter pour savoir d’elle à quel point elles pouvaient être aimées de leurs maris ou de leurs fiancés. Marguerite n’hésitait jamais et leur disait hardiment quel degré d’affection on avait pour elles. Hélas ! combien de ménages troublés et combien de mariages prêts à se conclure et que venaient empêcher les révélations de la jeune fille ! Mais on la regardait comme un oracle, et sa vanité, flattée des respects qu’on lui témoignait, ne s’inquiétait guère des résultats de ses indiscrétions.

Elle songeait peu à aider ses parents dans leurs nombreuses occupations, et elle passait ses journées à courir dans les sillons, au bras de son cousin Coquelicot, ou à s’asseoir au soleil avec lui, tandis que le vent faisait onduler les épis, et que les sauterelles et les cigales chantaient autour d’eux. Le soir encore, la joyeuse enfant folâtrait, sans souci du reste, et sa gaieté animait tout auprès d’elle.

Le prince Grillon entendit vanter son talent de devineresse et vint un jour la trouver. Il souhaitait épouser la belle marquise Cigale ; mais, incertain des sentiments de celle-ci pour lui, il était curieux de consulter Marguerite à ce sujet.

« Charmante princesse, lui dit-il, ne pourriez- vous me dire si celle que j’aime ne m’aime pas aussi.…. un peu ?

– Elle ne vous aime pas un peu, répondit Marguerite.

– C’est donc beaucoup qu’il faut dire?

– Pas davantage.

– Passionnément ?

– Non.

– Point du tout ?

– Vous y êtes. »

Et l’espiègle éclata de rire, tandis que Grillon avait toutes les peines du monde à cacher sa colère et son désappointement.

« Je ne m’affligerais pas beaucoup, reprit-il enfin, des dédains de Cigale, si vous, Marguerite, plus aimable et plus belle, vouliez bien m’en consoler. Que j’oublierais vite l’ingrate ! Ne sauriez-vous, dites-moi, m’aimer.…. un peu?

– Pas un peu.

– Beaucoup ?

– Pas davantage.

– Passionnément?

– Non.

– Point du tout ?

– Vous y êtes. »

Et la maligne princesse redoubla ses rires. Grillon la quitta, plus furieux que jamais, et s’en alla trouver sa mère pour lui faire part de tous ses mécomptes.

« Je ne regrette pas Cigale pour toi, lui dit celle-ci ; mais, puisque tu ne peux être aimé des filles que tu recherches, épouse toujours Marguerite, dont la riche dot te dédommagera du moins de son peu d’affection.

– Eh ! comment voulez-vous, ma mère, que ses parents me l’accordent, puisque la méchante me raille et me repousse ?

– Il y a longtemps, mon fils, que je désire me venger du Roi et de la Reine des Blés. Il faut nous emparer de leur fille, par ruse ou par force, et, quand elle sera en notre pouvoir, je saurai bien la faire céder. Marguerite est curieuse ; elle a dû entendre déjà parler des merveilles de nos palais souterrains ; je chargerai les sauterelles, mes suivantes et mes amies, avec qui elle aime tant à causer, de les lui vanter plus que jamais, et je serai bien surprise, si elle ne cherche pas à en juger par elle-même. Je laisserai traîner mes clefs, que je serre d’ordinaire avec tant de soin, et je ne doute pas que la princesse ne profite de mon apparente négligence. Je guetterai ce moment, que j’attends depuis quinze ans, et je plongerai ses parents dans le désespoir ; en même temps je te donnerai une épouse riche et charmante, dont l’alliance ne peut que t’être avantageuse. Ne te désole pas, mon fils, et fie-t’en à ta mère pour assurer ton bonheur. »

A partir de ce moment, Marguerite ne put plus avoir une conversation avec les Sauterelles, sans que celles-ci ne lui fissent les plus pompeux récits de la demeure de la Fée Courtillière. La Princesse brûlait du désir de descendre dans cette demeure mystérieuse, dont elle avait ouï parler depuis son enfance. Elle ne songeait plus à son entretien avec le Prince Grillon et à la déconvenue de celui-ci ; son cœur affectueux n’avait jamais compris la haine ni la vengeance ; l’étourdie ne se faisait donc pas une idée des dangers qu’elle pouvait courir, en pénétrant dans les Etats de ses ennemis.

« Oh ! disait-elle à sa gouvernante Niella, qui la suivait partout, si je pouvais seulement jeter un coup d’œil sur ces galeries souterraines, qu’on dit creusées avec tant d’art ! Quel mal pourrait-il m’en arriver ? »

Et, comme Niella secouait la tête d’un air mécontent, Marguerite s’adressait à Coquelicot :

« Mon bon petit Coquelicot, si tu voulais m’accompagner rien qu’à l’entrée du palais de Courtillière ! Nous serions si vite revenus, et personne n’aurait connaissance de notre escapade.

– Il est vrai, répondit le jeune Prince, d’un air important, qu’avec moi tu n’aurais rien à craindre de personne, mais il ne faut pas désobéir à ton père ; il ne faut pas mécontenter ma bonne tante, la Reine des Blés. Sois raisonnable, Marguerite, et sache modérer ta curiosité. »

Marguerite cherchait alors à oublier le palais magique, mais les Sauterelles lui en parlaient de nouveau et ranimaient ses désirs et son impatience.

Un jour enfin elle parvint à tromper la surveillance de tous ceux qui l’entouraient. Ses parents étaient occupés des soins de leur gouvernement ; la chaleur était accablante, et Coquelicot sommeillait au soleil de midi ; son petit page Bleuet était assoupi à ses côtés, et Niella travaillait avec ardeur à terminer, pour la Reine des Blés, une robe qu’elle avait tissue avec les plus fines toiles d’araignées, et qui était tout emperlée de gouttes de rosée.

Marguerite saisit cet instant ; elle s’échappa à petits pas, regardant de temps en temps derrière elle, pour s’assurer qu’elle n’était pas suivie, puis elle se mit à courir, et enfin elle arriva, hors d’haleine, à l’entrée du palais qu’elle souhaitait si ardemment de connaître. Les portes, d’ordinaire fermées avec tant de soin, s’ouvrirent d’elles-mêmes devant l’imprudente ; elle descendit lentement d’abord et avec précaution, puis plus rapidement, en jetant de curieux regards tout autour d’elle.

Elle n’avait pu se figurer ces longues et vastes voûtes, soutenues par des colonnes de marbre et auxquelles étaient suspendus des lustres de cristal, dont l’éclat aurait pu lutter avec la lumière du jour. D’immenses coffres étaient rangés aux deux côtés des galeries, remplis de richesses de toute espèce. Marguerite marchait émerveillée au milieu de ces splendeurs ; elle s’arrêtait de temps en temps pour admirer des statues, des sculptures, des tableaux, qui représentaient, pour la plupart, tout ce qui embellissait la terre, au-dessous de laquelle on se trouvait ; c’étaient les paysages les plus riants, les vallées les plus ombreuses, les rivières les plus limpides. Plus loin des corbeilles de fleurs étalaient leurs trésors variés ; de grands vases étaient remplis de fruits mûrs, puis c’étaient des écrins, des diamants, des colliers, de brillantes glaces, qui réfléchissaient du haut en bas la jeune fille dans toute sa naïve beauté.

« Oh que j’ai bien fait, se disait-elle, d’être venue visiter ces demeures magiques ! Les Sauterelles ne m’avaient pas trompée, et je n’aurais pu me faire une idée de tant de merveilles. Pourquoi Coquelicot a-t’il refusé de m’accompagner ? Je serais si heureuse de lui faire partager le plaisir que j’éprouve ! »

Et elle avançait toujours, absorbée dans sa contemplation, passant d’une galerie à l’autre et oubliant de remarquer la route qu’elle suivait. Elle craignit enfin de s’être perdue, et voulut rebrousser chemin. Hélas ! il était trop tard ; elle ne savait plus par où elle était venue ni comment elle pourrait regagner les domaines paternels ; elle commença à redouter les suites que pouvaient avoir sa désobéissance et son étourderie ; elle se mit à hâter le pas, insoucieuse désormais des magnificences dont elle était environnée et en proie à l’angoisse la plus cruelle.

Tout à coup, du fond d’une galerie, dans laquelle elle venait de s’engager, elle vit sortir l’horrible Courtillière, étendant vers elle ses longs bras et ses mains, revêtues d’une écaille semblable à celle des pattes d’une écrevisse.

A cet aspect terrifiant, Marguerite sentit son sang se glacer dans ses veines ; elle perdit l’usage de ses sens, et elle alla rouler sans connaissance aux pieds de son ennemie. Quand elle commença à revenir à elle, elle vit celle-ci qui l’attachait à une colonne, avec une longue chaîne d’or, d’une solidité à toute épreuve, malgré son excessive ténuité. Puis elle entendit un éclat de rire retentissant, et, soulevant ses mourantes paupières, elle aperçut le Prince Grillon, qui la considérait de l’air le plus railleur. Elle s’étendit épuisée sur la terre humide, et tomba bientôt dans un anéantissement douloureux, qui lui déroba la vue de ses persécuteurs.

Cependant, à son réveil, le premier soin de Coquelicot avait été de chercher des yeux sa bien-aimée Marguerite. Ne la retrouvant plus auprès de lui, il appela vivement son page ; Bleuet dormait encore et n’avait rien vu. Niella, interpellée à son tour, poussa un grand cri et rejeta son ouvrage : Marguerite avait disparu, Marguerite, qu’on lui avait tant recommandée et qu’elle avait juré de ne jamais perdre de vue ; Marguerite, qui pouvait courir tant de dangers, et que ses ennemis guettaient incessamment !

Oh ! ciel ! comment empêcher désormais les malheurs qu’elle redoutait ?

Tous trois se levèrent avec précipitation et coururent sur les traces de la jeune inconsidérée, mais rien ne répondait à leurs cris, rien que l’aigre chanson des Sauterelles, qui semblait les narguer.

Après une fatigante et inutile recherche, ils revinrent consternés ; ils ne devinaient que trop le sort de la pauvre enfant qu’ils regrettaient ; ils connaissaient sa curiosité, son ardent désir de visiter l’habitation de Courtillière, et ils connaissaient aussi les ruses et l’habileté de cette odieuse créature ; ils tremblaient d’avoir à annoncer la perte de leur fille au Roi et à la Reine des Blés, et, quand ils les virent arriver souriants et satisfaits pour le repas du soir, ils tombèrent à leurs pieds, sans oser proférer une parole.

Hélas ! les infortunés parents, à la vue d’une telle douleur, sentirent quel coup venait de les frapper ; ils poussèrent de longs sanglots, et la Reine arracha ses cheveux blonds avec désespoir.

« Ne pleurez pas si amèrement, ô vous que je regarde comme ma mère, s’écria tout à coup Coquelicot, en se redressant, et vous, mon père, relevez la tête, car je ramènerai Marguerite dans vos bras ou j’irai mourir avec elle ; je n’ai pas su veiller sur cette enfant si chère, mais je réparerai mes torts, soyez-en assurés. Si bien cachée que soit Courtillière, je viendrai à bout de la découvrir, et il faudra bien que Grillon me rende raison du rapt abominable qu’il a commis. Je l’appellerai en champ clos, et je saurai le vaincre, car le bon droit est de mon côté. »

En effet, dès le lendemain, Coquelicot se rendit au palais de ses ennemis, mais les portes en étaient désormais solidement fermées, et les clefs d’or ne brillaient plus dans les serrures.

Il frappa à plusieurs reprises, et l’écho seul répondit à ses coups furieux. Courtillière et Grillon s’étaient faits invisibles, et, retirés dans le fond de leur palais avec leur triste prisonnière, se riaient des entreprises et de la rage de ceux qu’ils avaient privés de leur bien le plus cher.

Plusieurs jours s’écoulèrent, et les rapports les plus désolants vinrent ajouter à l’affliction des parents de Marguerite. Les Sauterelles, qui entretenaient des relations avec la mauvaise Fée, savaient que chaque matin elle venait trouver sa captive et lui demander si enfin elle consentait à devenir l’épouse du Prince Grillon ; chaque matin aussi Marguerite renouvelait ses refus obstinés. Courtillière alors s’élançait sur elle et la frappait à coups redoublés, jusqu’à ce que les forces lui manquassent et qu’elle tombât elle-même épuisée à côté de sa victime ; la pauvre Princesse avait tout le corps meurtri ; elle pleurait nuit et jour, et se reprochait sa fatale curiosité. L’avare Fée ne lui donnait qu’une nourriture insuffisante ; Marguerite dépérissait à vue d’œil, et il y avait à craindre qu’elle n’eût pas la force nécessaire pour supporter longtemps de telles souffrances. Les Sauterelles, elles-mêmes, amies et confidentes de Courtillière, se reprochaient d’avoir contribué à lui livrer l’infortunée jeune fille. Coquelicot, désespéré, se décida à aller consulter Caille, dont il connaissait le bon sens, la raison et la tendre amitié.

« Il faudrait, avant tout, lui dit celle-ci, porter des consolations et des encouragements à notre pauvre Marguerite ; je tremble qu’elle ne succombe à ses maux ; ses regrets doivent être d’autant plus amers qu’elle n’est pas sans reproches à se faire. Vous êtes ardent et courageux, cher Prince ; tâchez, avec l’aide de Bleuet, qui vous est si dévoué, de creuser à votre tour une galerie, qui puisse communiquer avec celle où languit votre jeune cousine. Les Sauterelles, qui se repentent maintenant de leur participation à vos malheurs, et qui trouvent que Courtillière pousse la méchanceté trop loin, pourront vous donner des indications à ce sujet ; je crois qu’en partant de la grosse touffe de camomilles, qui est au bord du champ doré, et en se dirigeant toujours à l’ouest, tout en creusant la terre, vous arriverez à l’endroit précis où Marguerite est enchaînée. Pourtant, de peur que Courtillière ou Grillon ne viennent déranger ou empêcher vos travaux. je veillerai à la porte de leur palais, tout en chantant ; vous connaissez bien ma voix ; tant qu’elle retentira vous pourrez travailler sans crainte ; si vous cessiez de l’entendre, vous vous retireriez à l’instant, en rejetant de la terre à l’entrée de votre souterrain pour le cacher aux regards de vos ennemis. Je sais que la cruelle Fée s’absente tous les soirs, à la tombée de la nuit ; vous êtes sûr de trouver Marguerite seule à ce moment ; allez donc, et que le succès vous favorise !

« Voici pour ma filleule une fiole ; elle contient un baume souverain, qui guérira ses blessures à l’instant même où elle les en frottera ; voici encore une branche verte ; quand elle se sentira trop épuisée par la douleur ou par la faim, elle en détachera les feuilles, qu’elle mâchera, et qui lui rendront un peu de force. Portez-lui, avec ces présents, convenables à la situation où elle se trouve, les souvenirs et les amitiés d’une marraine qui ne souhaite que sa délivrance, et qui fera son possible pour contribuer à son bonheur. »

Le Prince, ranimé, quitta la bonne Fée, après lui avoir adressé mille remerciements. N’étant pas assez sûr de réussir, il ne voulut pas communiquer ses espérances à ses parents adoptifs, de peur de leur donner une fausse joie ; il préférait leur causer l’heureuse surprise de ramener leur fille dans leurs bras, avant qu’ils sussent seulement qu’il en avait conçu le projet. Prenant avec lui son confident Bleuet, tous deux se mirent bravement à creuser la terre, d’après les indications de Caille et quelques renseignements que Coquelicot eut l’adresse de tirer des Sauterelles, sans leur rien dire de ses intentions, car il n’avait en elles qu’une demi-confiance. Les deux amis travaillaient lentement ; la terre était dure et brûlée par le soleil ; souvent, accablés de fatigue, ils rejetaient leurs outils avec désespoir, mais de sourds gémissements, qu’ils croyaient entendre sous la terre, venaient réveiller leur ardeur : c’était sans doute Marguerite, la douce, l’innocente Marguerite, jadis si folâtre et si insouciante, qui se plaignait ainsi ; c’était elle, la Princesse adorée, dont l’absence avait jeté un si grand deuil à la cour du Roi des Blés, qui appelait d’une voix si triste ses amis à son aide.

Alors les travailleurs redoublaient d’énergie ; la sueur coulait de leurs fronts, et leurs bras ranimés s’agitaient sans relâche. Caille chantait toujours dans les Blés, et ce chant soutenait leur courage. La galerie s’allongeait sous la terre, où elle descendait en serpentant. Coquelicot et Bleuet entendaient distinctement les accents plaintifs de la Princesse et quelquefois les voix rauques de ses persécuteurs. Bientôt enfin ils ne furent plus séparés d’eux que par une mince couche de terre, que le moindre mouvement pouvait faire écrouler ; ils attendirent alors, tapis contre les parois de leur galerie, et, quand la nuit commença à tomber, ils se précipitèrent tout à coup dans la demeure maudite.

Courtillière était absente ; Grillon ne paraissait pas non plus ; ils n’aperçurent qu’une femme pâle, mourante, épuisée, étendue sur de la paille, et dont les longs cheveux blonds voilaient à demi une figure baignée de larmes. Coquelicot se précipita aux pieds de la douce victime :

« Est-ce toi, chère Marguerite, ma cousine bien-aimée? O ma sœur, mon amie, qu’as-tu fait de ta fraîcheur ? qu’as-tu fait de ta beauté ? Par quelles douleurs as-tu passé, pour que ta jeunesse soit ainsi flétrie ? Parle, de grâce, afin que je puisse prendre ta défense et te ramener à ta famille en pleurs. »

La jeune fille tourna lentement ses yeux éteints vers l’ami qui lui était resté fidèle :

« C’est toi, lui dit-elle d’une voix affaiblie ; béni sois-tu de venir consoler mes derniers instants ! car je me sens mourir et je suis heureuse de pouvoir presser ta main, avant de m’éteindre pour toujours.

– Non, tu ne mourras pas, s’écria impétueusement le Prince ; je saurai soulager tes maux et te rendre à la vie, au bonheur. »

Et il glissa dans la bouche de la mourante une feuille de son rameau magique. L’effet en fut presque instantané. Marguerite se souleva sur sa couche ; ses yeux avaient déjà repris un peu d’éclat.

« Oh ! si je pouvais partir ! s’écria-t-elle, quitter cette prison, te suivre, retrouver avec toi le jour, la liberté, la vie. Mais non cette chaîne, qui me retient, ne se brisera pas ; jamais je n’échapperai à la barbare Courtillière, et je succomberai sous ses coups, car elle n’obtiendra pas de moi que je m’unisse à son odieux fils ; plutôt la mort que de me soumettre à un pareil destin.

– Que faire ? que faire ? disait Coquelicot en sanglotant.

– Que faire ? répétait Bleuet, timide spectateur de cette scène déchirante.

– Ecoute, reprit Marguerite, dont les forces étaient revenues par degrés, écoute, je ne puis me résoudre à désespérer encore ; je suis si jeune et la vie était pour moi si douce ! Peutêtre reste-t-il un moyen de me sauver ; mais je frémis en pensant aux dangers qu’il te ferait courir.

Je n’en crains aucun, s’écria Coquelicot ; pour toi j’irai attaquer la cruelle fée et son fils.

– Ce serait inutile, interrompit la princesse ; la force ne peut rien contre de tels ennemis ; il faut recourir à la ruse. Depuis que je suis renfermée ici, j’ai pu me mettre au courant des habitudes de mes ravisseurs. Courtillière n’a pas toujours sa cuirasse d’écailles, et Grillon n’est pas invulnérable. Je sais où la Fée va tous les soirs et comment on pourrait s’emparer d’elle. Tu connais bien, mon frère, la fontaine qui est dans les bois, auprès des grands hêtres : c’est là que ma persécutrice se livre chaque jour aux délices du bain ; elle dépose sur la mousse son épaisse cuirasse et perd en la quittant sa force et sa puissance ; si tu pouvais t’emparer de cette cuirasse, tu tiendrais la Fée à ta merci, et lui dicterais à ton aise tes conditions ; il te serait facile ainsi d’exiger d’elle ma délivrance et de me rendre à la lumière et au bonheur. »

Coquelicot se jeta à ses pieds, en lui jurant de réussir ; puis, craignant d’éveiller la méfiance des possesseurs de la demeure souterraine, il se retira doucement avec son page par le chemin qu’il avait pris pour venir, en dissimulant soigneusement les traces de son passage.

Le lendemain, à la tombée du jour, il revêtit ses armes et ordonna à Bleuet de le suivre. Il appela le petit Brin-d’Avoine, un des serviteurs de son oncle, et le chargea d’aller dire à celui-ci que, désolé de la longue absence de sa cousine, il partait pour un voyage de quelques jours, dans le but de se distraire de ses chagrins.

Puis il se dirigea vers la fontaine que lui avait indiquée Marguerite. La lune se levait lorsqu’il y arriva, et, à sa pâle clarté, il aperçut la Fée, qui, se croyant dans la solitude la plus complète, avait déjà déposé sa cuirasse sur les bords moussus de la fontaine.

Le Prince s’approcha avec précaution, puis tout à coup s’élança sur cette cuirasse, en jetant un cri de victoire. La Fée lui envoya un regard rempli de haine et de dédain, et allant s’appuyer sur le tronc d’un arbre brisé par l’orage, elle poussa, à trois reprises différentes, une plainte pénétrante qui, toute faible et voilée qu’elle était, retentit longuement dans le silence de la nuit.

Quelques instants après paraissait le Prince Grillon, l’oeil enflammé et tout frémissant de courroux :

« Que voulez-vous, ma mère ? s’écria-t-il. Quel est l’insensé qui ose s’attaquer à vous ? Me voici prêt à vous défendre et à vous venger. Parlez, que dois-je faire ? »

Courtillière, sans prononcer un mot, lui désigna Coquelicot qui, déjà, aidé de Bleuet, revêtait la cuirasse magique.

Grillon s’élança sur cet ennemi, et, avant qu’il eût achevé de s’armer, le frappa de son épée sur le haut de la poitrine le sang jaillit au même moment ; mais le jeune Prince, dédaignant sa blessure, saisit à son tour sa longue épée des mains de Bleuet :

« Lâche ennemi, s’écria-t-il, j’attendais cette rencontre ; je l’ai assez désirée, assez cherchée ; enfin tu viens te présenter de toi-même à mes coups et je vais goûter cette vengeance, dont j’étais altéré.

– Je te crains peu, repartit Grillon, et un si méprisable adversaire ne me retiendra pas longtemps.

– Viens donc, » reprit Coquelicot, rouge de colère, et leurs épées se croisèrent. Le combat se prolongea : Coquelicot, emporté par son ressentiment, frappait à tort et à travers ; Grillon, plus maître de lui, ne songeait qu’à éviter l’arme formidable qui, dans ses mouvements rapides et multiplies, lançait tout autour de lui des éclairs aux rayons de la lune. Sa mère l’encourageait du geste et de là voix, et il se sentait soutenu par elle, mais Coquelicot entendait au loin le chant de la Caille et devinait, de son côté, que sa vieille amie ne l’abandonnerait pas.

Cependant ses efforts réitérés et le sang qu’il perdait commençaient à l’épuiser ; Grillon le vit chanceler ; il saisit ce moment et lui porta un nouveau coup à la naissance de l’épaule. Coquelicot, se sentant encore frappé, rassembla toutes ses forces et alla se précipiter sur son ennemi, qu’il terrassa ; lui posant alors le genou sur la poitrine :

« Ta vie est en mes mains, lui dit-il, mais je te l’accorde ; je l’accorde surtout aux pleurs de ta mère, ajouta-t-il, en entendant derrière lui les gémissements plaintifs de Courtillière, mais je demande en retour la liberté de Marguerite.

– Jamais! » s’écria le vaincu.

Mais la Fée, voyant Coquelicot élever son épée, lui retint violemment le bras.

« Marguerite est à toi, dit-elle ; viens la chercher ; reprends cette captive qui nous attire tant de maux, mais rends-moi mon fils ; rends-moi aussi cette cuirasse, à laquelle est attachée ma puissance, et dont je ne peux rester longtemps séparée ; ma poitrine, privée de son soutien habituel, est prête à se briser, et je ne veux pas mourir, je ne veux pas que Grillon meure. »

Coquelicot alors souleva son genou victorieux, et le Prince abattu se releva honteux et la tête baissée.

« Quant à ta cuirasse, dit Coquelicot à la Fée, tu ne l’auras qu’en me remettant la Princesse… Va, je te suis. »

La Fée s’avança lentement, en poussant sa triste et faible plainte ; son fils s’acheminait auprès d’elle, en la soutenant, et Coquelicot, tout fier et rayonnant, marchait après, sans s’inquiéter du sang qui rougissait ses habits.

A l’entrée de la galerie, il retrouva la bonne Caille, qui le félicita de son courage et de son triomphe ; elle posa sur ses blessures un peu de son baume merveilleux, qui en calma aussitôt la douleur, puis ils descendirent tous dans le souterrain.

En peu de temps ils furent auprès de la Princesse. Courtillière, humiliée, le regard morne, s’agenouilla devant elle et détacha elle-même la chaîne qui la retenait à la colonne de marbre. Marguerite voulut s’avancer, mais elle retomba épuisée sur la paille de sa couche. Coquelicot et Bleuet la soulevèrent dans leurs bras, et sa marraine accourut compatissante et lui offrit une liqueur qui la ranima. Elle avait hâte de fuir ses cruels persécuteurs et la prison où elle avait tant souffert. Son vaillant défenseur s’empressa de détacher la cuirasse, qu’il rejeta dédaigneusement à la méchante Fée, puis il présenta à Marguerite un siège sur ses mains, entrelacées avec celles de Bleuet ; la jeune fille s’y assit doucement, soutenue par sa protectrice Caille, et le groupe joyeux s’éloigna rapidement, laissant ses ennemis confondus.

Cependant, le Roi et la Reine des Blés, assis à leur foyer désert, se lamentaient ensemble ; Niella pleurait à leurs côtés.

« Coquelicot nous abandonne, disait le Roi, auprès duquel Brin-d’Avoine avait accompli son message.

– Quel espoir nous reste-t-il ? soupirait la Reine. Le plus bel ornement de notre palais, l’orgueil de nos sillons, notre brillante et douce Marguerite est à jamais perdue pour nous. Courtillière la tuera, et nos vieux jours se traîneront sans bonheur et sans consolation. »

En ce moment une rumeur éloignée les fit tressaillir ; Niella s’élança vers la porte ; des cris de joie retentissaient déjà.

« C’est elle ! c’est la Princesse ! » Son père et sa mère se levèrent en chancelant ; Coquelicot s’avançait et il déposa entre leurs bras Marguerite pâle et brisée, mais bien vivante encore et toute palpitante du bonheur de les revoir.

Les tendres soins de ses parents l’eurent bientôt rétablie.

« Comment pourrais-je jamais te récom penser? dit alors le Roi des Blés à son jeune neveu. Nous te devons mieux que la vie. C’est toi, mon fils, plus que mon fils, qui seras mon successeur. Veux-tu que Marguerite devienne ta femme et soit appelée avec toi à monter sur notre trône, quand nous n’y serons plus?

– Quelle meilleure récompense pourriez-vous m’accorder? répondit Coquelicot. Oui, en devenant le mari de Marguerite, je serai au comble de mes vœux, et, je le jure, jamais femme ne sera plus honorée et plus chérie. Mais ma cousine voudra-t-elle bien de moi ? »

Le Roi conduisit lui-même le Prince aux pieds de sa fille, et la Princesse, charmée, tendit sa main à son sauveur, pendant que sa mère souriait à cette union bénie.

Jamais on ne vit de noces plus brillantes que celles de Coquelicot et de Marguerite. La Reine des Blés y parut avec une robe étincelante de pierreries, et la neige n’a pas plus d’éclat que n’en avait la jupe de satin blanc de la jeune mariée. Coquelicot était en vêtement complet d’écarlate, et son page Bleuet, qui était son garçon d’honneur, portait un pourpoint bleu que tout le monde admira. La bonne Caille remit à sa filleule, comme présent de noces, un écrin de diamants, aussi gros que les gouttes de pluie, qui viennent calmer la soif des épis durant les chaleurs.

Les jeunes époux furent associés aux travaux de leurs parents. Marguerite s’était guérie de son bavardage et de sa frivolité, et le bonheur régna toujours depuis lors dans le palais du Roi des Blés.

[1] La courtilière (Gryllotalpa gryllotalpa) est un gros insecte fouisseur qui cause des dégâts sur les jeunes plantes dont il sectionne la racine. Le nom français « courtilière » dérive de « courtil », petit jardin en ancien français. (d’après Wikipédia, s.v. courtillière)

Stéphanie Lockroy, Contes à mes nièces, Paris, 1868, pp. 179-213 (Source : Bibliothèque nationale de France)