Sous ce titre, le poète Ronsard décrit une scène maintes fois représentée dans l’art, notamment en peinture : les amours de Léda et de Zeus transformé pour l’occasion en cygne.

Voyant son heure opportune,
Devint plus audacieux
Prenant au poil la fortune :
De son col comme ondes long
Le sein de la vierge touche.
Et son bec luy mit adonc
Dedans sa vermeille bouche.
Il va ses ergots dressant
Sur les bras d’elle qu’il serre,
Et de son ventre pressant
Contraint la rebelle à terre.
Sous l’oiseau se débat fort,
Le pince et le mord, si est-ce
Qu’au milieu de tel effort
Sentit ravir sa jeunesse.
Le cinabre çà et là
Couloura la vergongneuse.

Jerzy Hulewicz, Léda et le cygne, 1928, Musée national de Varsovie

Jerzy Hulewicz, Léda et le cygne, 1928, Musée national de Varsovie

Léda, remise de ses émotions demande avec dédain à l’oiseau pourquoi il viole des jeunes filles nobles. Zeus décline son identité et révèle à la jeune femme qu’elle pondra deux oeufs dont naîtront les jumeaux Castor et Pollux d’une part, Clytemnestre et Hélène pour la beauté de qui l’Europe s’armera contre l’Asie.

Bacchiacca (1494–1557), Léda et le cygne, XVIe siècle, Metropolitan Museum of Art

Bacchiacca (1494–1557), Léda et le cygne, XVIe siècle, Metropolitan Museum of Art

Publicités