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Parmi les Hymnes homériques, on trouve un hymne dédié à la Lune (Séléné) et un autre au Soleil (Hélios). La lune ne fait pas l’objet d’un culte en Grèce ancienne. Comme le texte de l’hymne l’indique, elle constitue un marqueur temporel. Fait intéressant, aucune autre œuvre ne présente la Lune comme une créature ailé. 

Ces hymnes sont tardifs et datent probablement du 2ème siècle avant J.-C. On n’y trouve aucune allusion au rôle essentiel que la lune jouera plus tard dans les pratiques magiques. 

Nous avons donné de cet hymne une traduction infidèle. Tout en suivant le texte, nous l’avons transformé en invocation en recourant à la deuxième personne du singulier. Nous avons aussi éliminé les dernières lignes dans lesquelles le poète dévoile son intention de chanter à la suite les exploits des demi-dieux. 

Vous, Muses, filles de Zeus, à la voix de miel,
Et virtuoses renommées dans l’art du chant,
Inspirez un hymne à la lune aux longues ailes !

Tu parais, Séléné, dans tes atours d’argent.
Ton éclat émane de ton globe immortel,
Tu brilles dans le ciel, tu enlaces la terre.
Tandis que jaillissent tes multiples rayons,
La nuit noire reflète ta couronne d’or.
Quand c’est le milieu du mois et que le soir tombe,
Tu baignes ton corps gracieux dans l’Océan,
Tu te pares de vêtements resplendissants ;
Tu attelles tes puissants chevaux bien lustrés,
Tu mènes tes cavales à la belle crinière.
Ton large disque atteint toute sa plénitude.
Et tout en haut du ciel, les plus intenses rais
De ton orbe croissant émettent leur clarté.
Séléné! Sois un signe, un symbole pour nous.
Je te salue, souveraine, divine Lune,
Bienveillante déesse à la beauté unique.

Albert Aublet (1851–1938), Séléné, 1880

Albert Aublet (1851–1938), Séléné, 1880