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Eh oui ! les filles ! Aujourd’hui on parle d’un garçon. Et pas n’importe lequel. Le héros aux gros bras par excellence de la mythologie, Héraklès, Hercule pour les Romains, a accompli douze travaux qui sont restés dans les annales. Même si c’est un exploit en soi de pouvoir en citer la liste de tête. Petite recension pour raviver votre mémoire défaillante. Car il en manque toujours un !

Le lion est mort ce soir

Quand il ne passait pas son temps à ravager la région autour de la ville de Némée, un lion se la coulait douce au fond de sa grotte, comme tous les mâles de son espèce. Cela correspondait à 99% de son temps, mais son faible taux d’activité était déjà assez embêtant pour les habitants de l’endroit. C’était donc un nuisible. Il fallait s’en débarrasser. Mais ce n’était pas si simple. Il était énorme et sa peau était si dure qu’aucune arme de pierre, de bronze ou de fer ne pouvait la percer. Et pas même le laser thermo-nucléaire des super-héros. Seule possibilité : il fallait l’attaquer à mains nues. Héraklès le poursuivit jusque dans sa caverne. Il se battit avec lui et l’étrangla. Il prit sa peau qu’il utilisa non pas comme accessoire de mode, mais comme armure.

Des têtes qui dépassent

Le monstre qui vivait près de Lerne était ce qu’on appelle un dur à cuire. Cette hydre avait en effet cent cous qui se terminaient chacun par une tête de serpent. Chaque fois qu’on en coupait une, il en repoussait deux. Pour ceux qui sont forts en math, combien fallait-il lui couper de têtes pour qu’elle en ait 257 ? Héraklès n’avait pas pris le temps de faire le calcul. Mais comme il venait de finir médecine, il demanda à son assistant (c’était un infirmier et pas une jeune infirmière à la blouse courte) de cautériser les plaies à chaque fois qu’il tranchait une gorge à l’hydre. Quand le travail fut achevé, le héros en profita pour tremper ses flèches dans le sang empoisonné du monstre pour causer des blessures incurables à d’autres hideuses bêbêtes.

Peter Paul Rubens (1577-1640), Hercules tuant le dragon du jardin des Hespérides, 1638

Peter Paul Rubens (1577-1640), Hercules tuant le dragon du jardin des Hespérides, 1638

Sanglier au vif

Héraklès devait ramener vivant à son cousin Eurysthée un sanglier qui vivait près d’Erymanthe en Arcadie. C’était un peu un problème pour Héraklès, car il était comme Obélix qui était tombé dans la marmite de potion magique quand il était petit. Lui c’était à cause de son papa de dieu qu’il était trop fort. Il dut donc se battre avec subtilité contre l’animal qu’il parvint à attraper tout vif. Ce sanglier était si monstrueux qu’il aurait nourrit tout un village (gaulois). En le voyant se débattre dans les gros bras d’Héraklès, Eurysthée eut très peur et sauta dans un tonneau*.

*En fait, ce sont les Gaulois qui ont inventé les tonneaux (tiens donc !) et pas les Grecs. C’est donc dans un pithos, sorte de grosse jarre en céramique, qu’Eurysthée s’est caché.

Biche ! Oh Ma Biche !

Capturer une jolie biche avec des cornes d’or et qui court très vite, voilà la nouvelle mission d’Héraklès. On ne sait pas trop de quel animal il pouvait s’agir. En principe, les biches sont des cervidés femelles. Chez les cervidés, seul le mâle porte des bois à l’exception des rennes du Père Noël. Toujours est-il qu’Héraklès courut pendant un an après cette leste créature à la ramure dorée et qu’il finit par la rattraper. Aucune interprétation sur la nature de cet être n’est à exclure. Ce qu’il y a de certain (et nous citons une source antique), c’est qu’il acheva cet exploit sans courir aucun danger.

DJ Hercule

Autour du lac Stymphale, on vit apparaître d’abord un oiseau, puis deux, puis six. Et ça ne s’arrêta pas. Au bout d’un moment, cette multitude d’oiseaux devint très encombrante car elle pillait tous les vergers des alentours. Les distillateurs d’eau-de-vie, les fabricants de confiture et tous ceux qui s’efforçaient de manger leurs cinq rations de fruit quotidiennes étaient fort mécontents. Héraklès est donc venu mettre de l’ordre dans tout cela. Il installa près du lac une sono d’enfer et organisa des soirées disco. Ces oiseaux qui allaient au lit au coucher du soleil ne supportèrent pas longtemps ce voisinage. Néanmoins la coutume des soirées disco très bruyantes s’est maintenu jusqu’à nos jours en Grèce. Si vous passez une fois des vacances près d’un club et que vous ne parvenez à fermer les paupières qu’au petit matin, vous savez maintenant qui vous devez remercier.

Monsieur Propre

Le roi Augias avait négligé de faire nettoyer ses écuries pendant de nombreuses années. L’odeur pestilentielle qui s’en dégageait importunait le voisinage. Ayant reçu la mission de faire reluire l’endroit, Héraklès ne se voyait pas vraiment en garçon d’écurie en train de ramasser du fumier à la fourche. Il eut donc recours à une méthode de nettoyage plus radicale. Il détourna le cours d’un fleuve et fit passer ses flots à travers les écuries. Grâce à son ingéniosité, tout était désormais nickel et les sujets du roi Augias pouvaient enfin respirer de l’air frais. L’histoire a moins retenu les conséquences de la pollution en aval du fleuve qui a rendu malades bien des poissons et des hommes. Bref, comme souvent en matière de saleté, Héraklès n’avait fait que déplacer le problème.

Lutte contre la zoophilie

Dans les grandes cours, les histoires d’alcôves sont habituellement tolérées. Mais il arrive que certaines liaisons soient encombrantes pour la réputation du royaume. Le roi Minos, presque aussi volage que son père Zeus, n’aurait pas tenu rigueur à son épouse de sa malheureuse incartade, si elle n’avait pas mis au monde un enfant à tête de veau. Le père de l’enfant n’était autre qu’un taureau négligemment déposé sur la plage par les dieux de l’Olympe, histoire de mesurer la foi de Minos. Normalement le roi aurait dû montrer son profond respect envers son propre géniteur et souverain, Zeus, en sacrifiant l’animal. Mais il préféra faire du taureau le géniteur en chef de ses troupeaux. Mauvaise idée. Les dieux envoyèrent Eros percer le cœur de la reine, Pasiphaé, qui tomba éperdument amoureuse du bovin. Et elle se fit jolie fleur sous une peau de vache pour le séduire. Finalement pour éviter le scandale, on enferma le bambin taurin dans un labyrinthe et on envoya Héraklès ramasser la bête par qui le scandale est arrivé.

Petit arrêt gastronomique

Le roi de Thrace Diomède possédait de magnifiques montures. Elles étaient en tout point parfaites, si ce n’était leur habitudes alimentaires très particulières. En effet, ces juments ne mangeaient pas n’importe quoi. Elles n’avaient de goût que pour la chair humaine. De surcroît, elles avalaient leur goûter si goulument qu’on avait dû leur construire des mangeoires en métal. Et pour éviter qu’elles mangent entre les repas, on devait les enchaîner. Pour calmer leur faim avant de les emmener, Héraklès leur servit un repas de choix, leur propre maître.

Fashion week

Héraklès n’aimait pas trop le shopping. Il râla un peu quand on lui a demandé de ramener la ceinture de la reine des Amazones. Il aurait pu se simplifier la tâche en jouant de sa carte bleue sur une plateforme e-commerce du même nom ou sur un site d’enchères. Sans doute trop simple pour ses gros bras. Ou alors, abandonné par son riche père, devait-il se serrer la ceinture ? Il préféra démolir le centre commercial pour trouver l’objet convoité.

Charles Gabriel Gleyre, Hercule et Omphale, 1862

Charles Gabriel Gleyre, Hercule et Omphale, 1862

Tauromachie

Héraklès dut aller chercher des vachettes en Espagne pour les ramener jusqu’en Grèce. L’histoire ne dit pas s’il dut les affronter à la muleta pour les gagner.

Le toutou à trois têtes

Héraklès descendit dans les enfers pour faire un petit coucou à tonton Hadès et à sa tâta Perséphone, qui est aussi la nièce d’Hadès, la fille de Zeus et donc la tante et la cousine d’Héraklès. Tout le monde suit, n’est-ce pas ? Perséphone reçut son cousin et neveu pour le thé. Elle était si gentille qu’elle lui refila deux mortels qui étaient venus jusque là pour la draguer. Héraklès, sans coeur, en profita pour lui piquer son caniche à trois têtes.

Paolo Pagani (1655-1716), Hercule et Cerbère

Paolo Pagani (1655-1716), Hercule et Cerbère

Quelle pomme !

Le dernier petit service qu’Eurysthée demanda à son cousin semblait simple. Aller chercher trois pommes. Sauf que les pommes étaient en or et que le verger où elles poussaient se trouvait aux confins de l’univers connu. Héraklès n’avait pas trop envie de faire la cueillette lui-même. Il arriva au bout du monde où il vit Atlas qui s’ennuyait beaucoup en portant le ciel. Atlas lui fit comprendre qu’il serait trop content de l’aider et qu’il irait chercher les pommes à sa place. Quand il revint avec les fruits, il se mit à rire en regardant Héraklès. Le héros comprit que s’il ne faisait rien, il porterait le ciel jusqu’à la fin des temps, ce qui est très long. Héraklès lui dit que c’était sans problème, mais qu’il avait une petite gêne sur l’épaule. Si Atlas pouvait seulement ajuster la voûte près de sa tête. Et quand Atlas s’approcha, Héraklès repoussa son lourd fardeau et se cassa, sans oublier le fruit de sa maraude.